C'est vrai que pour nous, les "vieux de la vieille", qui avons connu (et pour certains : vécu) les GP des années 65/85, on a assisté à une évolution un peu affligeante par certains aspects, notamment avec la disparition du folklore des pilotes privés (dont l'emblème fut longtemps Jack Findlay). A cette époque, une petite équipe dynamique pouvait prétendre faire des résultats, voire emporter un titre (cf JL Tournadre en 250). Et les teams des importateurs tutoyaient ceux des usines, pendant que ceux des grands concessionnaires étaient à l'affut de la moindre occasion de briller au sommet.
Mais là comme ailleurs, le fric conditionne désormais tout le bazar. Je ne sais pas dire si les gains de certaines stars sont justifiés ou non, mais ça ne les rend pas forcément meilleur pilote pour autant, et je ne crois pas que ce soit ça qui les rende plus compétitifs une fois en piste; la hargne, l'orgueil, le grain de folie, etc, sont sans doute les vrais moteurs du comportement du pilote.
Quant à l'escalade technologique, finalement... mais jusqu'à quel point? Bien sûr quand on voit comme il y a deux ans la Ducati de Stoner "déposer" littéralement toutes les autres machines dans chaque bout droit, ça interpelle. Et à circuit identique la différence de comportement des MGP et des SBK est impressionnante.
Mais en même temps, ça devient tellement compliqué que c'est difficile à bien suivre. Déjà dans les années 60, il avait fallu mettre le holà à la course à l'armement : Honda 6 et 5 cylindres, Yamaha 4, etc... La FIM avait préféré siffler la fin de la récré, mais ça avait un peu tué la course. Pendant plusieurs années, en 500, la seule usine vraiment "top" fut MV qui permit à Ago de truster les titres sans rencontrer de vraie opposition durable.
Moins de 20 pilotes au départ, ça ne va pas pouvoir durer longtemps...